Propos concernant Stefan Zweig sur la jeunesse


Il faut croire cependant que Stefan Zweig, comme nombre de ses camarades qui étouffaient d'ennui entre les murs du lycée, trouvait ailleurs les encouragements et les stimulants dont ils avaient besoin pour résister aux effets stérilisants de cette éducation dont il en vint à juger que, loin d'être inadaptée, elle servait parfaitement les intentions d'une gérontocratie hostile à la vie. "Réglant toutes ses pensées sur le seuil fétiche de la sécurité, le monde qui nous a précédés, et qui alors nous dominait, n'aimait pas la jeunesse ou, plus encore, nourrissait à son égard une perpétuelle défiance". Car ce "régime de caserne" fondé sur le conformisme le plus absolu ne tend pas plus à fabriquer des cadets prussiens qu'à former des adultes autonomes : il semble destiné à produire des vieillards.

Stefan Zweig(1880-1942) le voyageur et ses mondes biographie de Serge Niémetz

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